Musée de la photographie – Charleroi

Plus de quarante ans après l’exposition Nouveau démenti de la mission spatiale Viking 4 des oeuvres de Peter Mitchell à L’impressions Gallery of Photography en 1979, le Musée de la photographie à Charleroi redonne vie à cette présentation pionnière de la photographie couleur du 26/09/2020 au 17/01/2021.

Lorsque la série Nouveau démenti sur la mission spatiale Viking 4 est présentée en 1979 pour la première fois à L’Impressions Gallery of Photography à York, deuxième galerie photo à avoir ouvert en Angleterre, sous le commissariat de Val Williams, elle marque de nombreux esprits par l’aspect novateur du style documentaire de Peter Mitchell. Dans un contexte où la photographie couleur occupe très peu les cimaises – il s’agissait de la première exposition en couleur, dans une galerie photographique britannique, réalisée par un photographe britannique –, la série de Mitchell séduit et interpelle les observateurs. Parmi eux un certain Martin Parr, qui confiera ensuite l’influence de l’approche documentaire de Mitchell sur son propre travail.
À travers cette mise en scène novatrice, Peter Mitchell questionne la notion de photographie documentaire de l’époque en faisant du « contre-documentaire » et en endossant le rôle d’un explorateur venant de Mars. Mais ce questionnement s’élargit également à la notion de photographe observateur extérieur. Peter Mitchell n’est pas un visiteur en transit, il a au contraire photographié Leeds « de l’intérieur » ; pourtant, il nous invite à voir cette série comme le travail effectué par un étranger débarqué de nulle part, et cette petite ville morose voire ordinaire se fait tout à coup intrigante, mystérieuse ; son architecture et ses habitants deviennent aussi étranges que les découvertes tirées d’univers lointains. Nouveau démenti sur la mission spatiale Viking 4 est certes teinté d’humour britannique, mais est loin d’être un constat tout en grisaille ou une représentation cynique des villes anglaises et de leurs habitants. Au contraire, Peter Mitchell, tant par l’emploi de couleurs douces et presque pastel – contrastant avec le ciel anglais plombé et gris – que par la tendresse et l’attention de son regard, dresse, avec empathie et respect, le portrait sensible d’une ville mais aussi, au-delà, celui d’une époque.

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