Couleurs du Nord

Nouvelles dates : exposition du 11 mai au 1er août. Reservation demandée pour le mois de mai, en nous contactant par mail, téléphone ou directement en ligne https://galerie-clementine-de-la-feronniere.reservio.com/

Visite en ligne de l’exposition

 

Astrid Kruse Jensen, Rosalina Kruse Serup comme Myne Søe-Pedersen vivent et travaillent à Copenhague. Leurs oeuvres réunies à l’occasion de cette exposition sont pour la plupart très récentes et se déploient autour de différents motifs ; mais elles témoignent également d’un exercice de la couleur qui est propre à chacune des trois artistes. Si l’exposition esquisse une approche de la création photographique au Danemark, elle exprime aussi une diversité de sensibilités au féminin ; elle décline par ailleurs des techniques et des formats dont ces photographes aiment à explorer les effets. Astrid Kruse Jensen instaure un climat quasi romanesque dans lequel les sujets monochromes sont modelés par la lumière et tendent parfois à se perdre dans la matière colorée ; les compositions de Rosalina Kruse Serup traduisent le plaisir de jouer avec des couleurs presque saturées et des formes très graphiques ; chez Myne Søe-Pedersen, c’est l’invention visuelle et la diversité de ses idées qui programment chacune de ses séries d’images. Cette exposition fait ainsi dialoguer trois façons de s’approprier la photographie et d’y associer la couleur.

 

Myne Søe-Pedersen est née en 1972 à Copenhague où elle vit et travaille aujourd’hui. Elle a suivi successivement les cours de la Gerrit Rietveld Academie à Amsterdam (1998-2001) et de la Cooper Union School of Art à New York (2000). Elle expose ses travaux de façon régulière au Danemark, tout récemment à la Galleri Image, à Aarhus. En 2019, elle fait partie d’une exposition collective d’artistes contemporains danois à la galerie Odile Ouizeman, à Paris. Au cours de la dernière décennie, elle a présenté des expositions personnelles aux Pays-Bas (Galerie Van Gelder, Amsterdam) et en Suède (Galleri Format, Malmö), ainsi qu’à la galerie Peter Lav de Copenhague en 2011. Ses oeuvres ont rejoint plusieurs collections publiques et privées : Novo Nordisk Kunst Fond et Lars Schwander Collection au Danemark, Dennis Hopper Collection aux Etats-Unis, Gementemuseet, Kees Van Gelder Collection et Willem Van Zoetendaal Collection aux Pays-Bas. Ses projets ont reçu à différentes reprises l’aide du Danish Arts Council. Elle a été distinguée en 2007 par un prix organisé par le Winterthur Fotomuseum en Suisse. En tant qu’artiste visuelle, Myne Søe-Pedersen s’intéresse principalement à la photographie à partir de laquelle elle a développé une démarche expérimentale. Son art témoigne d’une préoccupation qui met continuellement en relation temps, espace et perception. Son inspiration se nourrit de l’histoire de la photographie et de ses différentes techniques. Les motifs qui reviennent de façon récurrente dans son oeuvre sont les miroirs, le verre et les négatifs, ainsi que des objets et des techniques liés à la page imprimée. Ses projets revêtent une dimension sérielle et répétitive, concentrant notre attention sur des détails d’images singulières tout en formant des ensembles chargés de sens.

Trois séries sont exposées : « Transient 1 », 2007,

« Transient 2 – Printing Plates », 2006-2007, et

« Scanned Glass Plates », 2018.

Elles ont pour motifs des exemplaires de grands quotidiens du monde entier, des plaques offset d’imprimerie et des plaques de verre de format identique mais de couleurs subtilement différentes. Chacune des séries repose sur une technique photographique particulière, entre autres une production d’image sans négatif (« Scanned Glass Plates »).

 

Rosalina Kruse Serup est née en 1991 à Copenhague où elle est aujourd’hui basée. Elle fréquente la Danish School of Media and Journalism (école danoise des médias et du journalisme) où elle obtient un baccalauréat en photographie, puis elle est diplômée en 2019 de la Royal Danish Academy of Fine Arts – School of Architecture, Design and Conservation (académie royale danoise des beaux-arts – école d’architecture, de design et de conservation). Son travail a été publié à plusieurs reprises dans la presse au Danemark et elle a participé l’année dernière à l’édition annuelle de la manifestation consacrée depuis 1998 à la jeune photographie danoise (Young Danish Photography) et organisée par le Fotografisk Center de Copenhague. Rosalina Serup travaille sur les liens qui se tissent entre l’homme, la nature et ses divers modes de représentation. Elle explore l’interface entre espace physique et espace virtuel ; elle mène une réflexion sur notre expérience de différents types d’environnements et, de manière générale, sur la relation à toutes sortes de réalités qui nous entourent. L’artiste expérimente une diversité de médiums et emprunte différentes techniques. Dernièrement, elle s’est concentrée sur la restitution numérique de sujets habituellement associés à des genres tels que le paysage et la nature morte et qui s’inscrivent dans l’histoire de la photographie. Elle aborde cet art comme un outil classique de représentation de la réalité mais se l’approprie également pour élaborer des oeuvres en trois dimensions. Rosalina Kruse Serup s’interroge ainsi sur la place que la photographie occupe aujourd’hui, alors que la matérialité des images et le mode tactile permettant de les manipuler croisent une large palette de créations virtuelles et spatialisées.

À l’exception d’une pièce datant de 2015, l’ensemble des photographies qui sont exposées a été réalisé en 2017. Par-delà la variété des sujets, c’est le traitement de la couleur et la dimension graphique des compositions qui donnent son unité au travail présenté.

 

Astrid Kruse Jensen est née en 1975 à Aarhus. Elle vit et travaille aujourd’hui à Copenhague. Elle a étudié à la Gerrit Rietveld Academy, aux Pays-Bas, ainsi qu’à la Glasgow School of Art. Son travail a été remarqué dans le cadre de plusieurs prix, entre autres le Deutsche Börse Preis en 2014. En 2017, elle remporte le prix Anne Marie Telmányi qui consacre les travaux des artistes femmes. L’année suivante, elle reçoit une bourse de la Niels Wessel Bagge Art Foundation, pour ne citer que quelques-unes de ses distinctions. Astrid Kruse Jensen a présenté des expositions personnelles dans de nombreux pays dont la France : elle est montrée en 2009 à l’Artothèque de Caen, dans le cadre du festival des Boréales ; elle a participé à des expositions de groupe sur le continent européen, aux États- Unis, au Canada, en Russie et en Chine. Ses oeuvres ont intégré plusieurs collections privées et publiques, notamment à la George Eastman House de Rochester aux États-Unis, au ARoS Kunstmuseum d’Aarhus ainsi qu’au Museet for Fotokunst d’Odense, au Danemark. Dans le cadre de sa démarche artistique, Astrid Kruse Jensen a d’abord exploré les principes de base de la technique photographique pour ensuite s’en évader et suivre une voie plus expérimentale. Des univers visuels touchant à l’abstraction et des souvenirs se détachant du monde réel constituent les axes autour desquels gravitent aujourd’hui ses oeuvres. Les paysages et les intérieurs ne sont pas vraiment identifiables, même si un lien avec la réalité est perceptible. Dans le processus photographique que l’artiste met en oeuvre, en l’occurrence avec le film Polaroid, les motifs sont sublimés par un recours à la double exposition, à des contre-jours et de longs temps de pose. Les oeuvres se déploient ainsi entre rêve et réalité – dans un univers à résonance métaphysique – et qui transcende le temps et l’espace. La palette de couleurs qui tend à la monochromie, un effet auquel l’usage du Polaroid n’est pas étranger, participe de cette intention. La série présentée dans le cadre de cette exposition a pour titre « Floating » et s’inscrit dans cette démarche esthétique. Les pièces qui la composent ont été réalisées entre 2018 et 2019.

Astrid Kruse Jensen est représentée par la galerie Martin Asbæk, à Copenhague.

 

Gabriel Bauret

commissaire de l’exposition